Un père est un regard dans l’ordre et une voix dans le chaos.

Mon fils cherche sans arrêt mon approbation et j’avais commis l’erreur de penser que c’était mon attention.
j’aime tant mon fils que j’en oublie qu’être père, c’est avant tout un travail et qu’au lieu d’être béa d’un amour “naïf”, il me faut impérativement travailler ma lucidité et ma vigilance.

Le fils est le père de l’homme

Freud écrivait que le fils est le père de l’homme, je suis donc toujours très attentif aux enseignements que me prodigue mon fils.

Ainsi, l’éducation de mon fils est en réalité la mienne, moi, j’apprends, j’applique, lui il observe et m’imite, le travail de mon fils c’est de m’élever au rang de maitre par son regard.

Son travail c’est de m’admirer et dans admirer il y a miroir et qui a t’il de plus vrai que le regard d’un enfant ? j’ai donc là, un véritable artefact de magie, un miroir de vérité.

Moi, je dois être fier de lui, lui doit m’admirer et cet échange de regard forme un pont de lumière et c’est dans les yeux de mon fils, que j’ai compris que chaque regard que l’on croise en ce monde, est un chemin vers soi.

Le travail du père est dans son regard.

Je me souviens d’un jour où il a renversé tous ses jouets et s’est mis à tout éparpiller en faisant le clown et moi, devant ce petit singe mignon, je riais aux éclats, grossièrement, balourdement. Plus tard, je réalisais qu’il recommençait son petit cirque du chaos, avec cette même recherche de mon regard et sur le moment, toujours ignorant, je ne voyais rien.

Les arbres m’ont dit  “un père est un regard”..

Un jour plein de tendresse au parc royal, mon fils et moi étions à la balançoire et je m’extasiais de découvrir toute la symbolique de ce rituel pour un père et son enfant…Il ne me voit pas, il va en arrière, mais je suis là et de ma force, je lui redonne l’impulsion pour essayer d’aller encore plus haut et le revoilà qui revient en arrière, comme un balancier éternelle, moi fidèle à mon poste pour l relancer vers le haut, pendant que lui s’amuse de nos ombres sur le sable, me voilà une ombre,  derrière lui, dans ses ténèbres, le balais cosmique, le père cacher dans les ténèbres…et un message surgit et arrête ma pensée “Un père est un regard”,  nul doute que c’était l’érable situé juste à ma droite qui venait de me parler, Silence… ( Le silence, est le signal que l’intelligence travaille )  et, puis, reprise de l’activité mental et mon œil intérieur s’ouvre mieux et perçoit toute la portée de cette phrase.

Mais oui, bien sûr ! Un père est un regard !  Il me faut détourner mon regard de lui lorsque ce qu’il fait ne l’élève pas et approuver de mon regard plein de fierté, lorsque ce qu’il fait, le fait grandir ! Mon regard doit être un phare qui le guide et qui s’éteint dès qu’il s’éloigne de moi. Je suis au dessus, un échelon vers le ciel, il doit me dépasser et lorsque je serai en dessous de lui, lui sera grandi et moi encore plus.

Le travail de mon regard et ma voix.

Je le regarde, ça le rassure,  il sait alors qu’il est en sécurité et son chemin est éclairé par l’astre dans mon regard et s’il agit “mal” et j’entends par là, un refus de grandir, un refus de sortir des ténèbres de son ignorance, je lui tourne le dos et le jette dans mes ténèbres et il n’y a plus que ma voix qui le guide, il est face à mon dos monstrueux , je clame ce que j’attends de lui. Il est alors seul face à lui même, jeter dans son inconnu,  comment retrouver la lumière du regard de père ? et je tends l’oreille vers lui, je lui montre que j’écoute et attends, mais ce qu’il ne sait pas, c’est que moi aussi je lutte, je retiens ma sensiblerie, mon cœur se sert, tous les deux, nous grandissons….Il gémit, sanglote et puis ses sanglots s’estompent, ils frottent ses yeux, les larmes reviennent, insistantes. Il frotte alors plus fort, avec détermination et ma fierté monte; on lutte ensemble, on grandit, on se renforce…puis….silence, il s’exécute et fait ce que j’attendais et là, je me retourne comme un soleil qui revient après l’orage et tout est plus propre dans nos mondes intérieures, nos fleurs et nos arbres sont revitalisés, tout est plus beaux qu’avant…j’ai toujours aimé la pluie, parce que je sais qu’une bonne pluie ça fait tout grandir… on se retrouve,  je le félicite et lui dit que je suis fier de lui, nos chemins sont à nouveau inondé de lumière, jusqu’à ce qu’un de nous deux résiste à nouveau et ne veuille pas grandir et la pulsation du monde, de nos mondes, de poursuivre sont balais… Ténèbres, lumière, Ténèbres, lumière…

Le travail du père.

Regarder sa création tant qu’elle s’élève et lorsque sa création prend la mauvaise direction et a besoin de grandir, alors le père détourne son regard et jette sa création dans les ténèbres face à elle même…Père pourquoi m’as tu abandonné ? Gémissement…Plainte…Pleurs…Désespoir…Accusation…et la voix du père parfois raisonne dans les ténèbres et dit à sa création ce qu’elle doit faire pour grandir et les enfants ça n’écoutent rien, ça préfère “jouer”, se “distraire”,  rester dans le confort, que rien ne change, courir après ses petites fantaisies et ses petits plaisirs.. les enfants ne veulent pas quitter le parc d’attraction, ils mangent des sucreries, ne construisent rien et refusent de grandir…et pendant ce temps là, les grands, travaillent, travaillent et travaillent à leur élévation, et comme je dis toujours à mon fils : “les enfants, ça joue et les grands, ça travaillent.