Sale Clochard Puant !

J’étais avec le groupe de philosophe qui travaillait à aider les miséreux, je les suivais sur la grand place, très fier d’être à l’ombre de si grands hommes et mon attention se porta sur une chose abominable recroquevillée piteusement sur les pavés, un misérable petit tas d’abandons à genoux devant une casquette éventrée qui vomissait quelques pièces, cette espèce d’homoncule avait une figure hideuse, carmine, scarifiée, qui révélait l’état lamentable de son royaume intérieur et la chose osa le pire, elle leva les yeux vers moi et quémanda un “pitié !” et ma voix terrible raisonna alors dans toutes les pierres de la ville et fit s’envoler une nuée de quelques démons mineurs dissimulés ici et là.

Je lui grondais  : “Pitié !? Tu crois que tu vas m’avoir ? Le seul endroit sur cette place où on ne trouve aucune pitié, c’est en toi petit diable. Je n’ai jamais vu un être aussi impitoyable  ! Ne viens pas supplier aux autres, ce que tu t’es toujours refusé à toi même ! ”

Mes yeux devinrent plus noirs : “Regarde l’état dans lequel tu es ?  Qui t’a abandonné ? Comment as-tu pu t’infliger ça et l’âme toujours ennemie d’ajouter  : “Sale clochard puant ! Bon à rien ! Coupable ! Coupable !”.

“L’âme est d’abord ennemie avant de devenir amie”

je lui dis “Lève toi”, il s’exécuta, comme un gavroche tout tremblant de froid d’avoir été dévoilé et je lui flanquais alors un bon coup de pied au derrière qui le fit s’envoler et disparaitre au-dessus de la foule endormie.