Le voleur de fleurs

Ma mère pouvait avec trois fois rien, arranger notre petite maison minuscule de façon tout à fait digne, il n’y avait aucun signe de misère chez nous, tout était propre, ordonné et bien fleuris. Elle trouvait parfois des trésors dans la rue qui finissaient noblement leurs vies dans notre petit nid.

Et avec le recul et l’augmentation de mon champ de conscience, je réalise qu’on avait là, un vrai petit temple, à savoir, un lieu paisible, ordonné, propre et qui révèle qu’un travail est voué à la beauté et l’harmonie au lieu d’être purement pratique et usuel, les fleurs en sont un parfait exemple.

Fleurir votre logis n’a rien a voir avec ce monde, ça demande du travail et de l’attention et la rétribution de cela, n’est pas dans ce monde, mais dans votre monde intérieur, fleurir votre logis, c’est en réalité fleurir votre monde intérieur, apporter de la lumière en vous.

Un temple, comprenez le est un lieu dédié à votre monde intérieur, ce que vous y trouvez n’a aucune utilité dans le monde extérieur, tout cela agit dans votre monde intérieur.

Aujourd’hui, tout mâle grossier et balourd que je suis, ma petite caverne est fleurie tous les printemps. Et en ce moment même, mes vases et autres théières, sont tous fleuris de toutes sortes de poésies que je chaparde au fond de la vie.

Entendons nous bien, je ne vole aucune fleur chez le particulier, voler la lumière des autres, quel crime terrible.

Non, je prélève quelques branches d’arbres du commun aux belles fleurs de printemps et je peux aussi prélever quelques impôts sur des arbustes comme cet hortensia dans un parc ou toute une partie est dans l’ombre et hors de vue des passants, de toute façon majoritairement aveugle.

Pour vous peut être, qui m’observez derrière le voile de la maya, vous me voyez voler des fleurs.

Mais, depuis mon enfance, je suis toujours au travail au service du monde et je m’estime parfaitement légitime de prélever mon impôt sur le monde de la sorte comprenez que : Je prélève mon impôt et que je me paie de lumière.