Ce qui nous fait souffrir, c’est ce à quoi nous nous identifions.

Le conflit prend racine dans notre isolement identitaire.

Pieter Brueghel

Imaginez un village avec son église, sa petite place où a fleuri une fontaine encerclée de petites maisons. Il y a le charpentier, le cordonnier, le forgeron, les paysans, le curé, le maire et à côté de la fontaine, tout le village est là, la bouche en cœur. Au milieu de la foule, sur une petite scène mignonne, une jeune paysanne chante comme un ange accompagnée de son bel amoureux virtuose de la guitare.

Dans le public, il y a le jeune charpentier, cet éternel célibataire moche comme une betterave qui a le même âge que les tourtereaux. Il trouve la jeune chanteuse si belle et il chante à tue-tête remplit de fierté et de joie.

il est plein de joie, parce qu’il est le village.

Il est fier parce qu’il est le village, il ne s’identifie pas à son petit “moi”, c’est lui qui chante sur la scène, il est le public, il se sent impliqué et relié à cette communauté et quand les deux jolis anges s’embrassent en fin de concert, son cœur se sert d’amour devant le spectacle de la vie et il ne souffre pas de jalousie.

S’il était identifié à un petit “moi”, il se serait senti seul, il y aurait un manque en lui qu’il lui aurait fallu combler, il se serait comparé aux autres et il aurait pu haïr l’amoureux de la jeune fille et se trouver laid.  Mais il ne souffre pas, parce qu’il est identifié à plus que son petit moi et ses petites vicissitudes, il porte en lui la responsabilité du village et donc il est plein de force (responsabilité et force, qui sont une seule et même chose), il est relié.

et quand le petit concert se termine  : Tout le monde applaudit Tout le monde !

Parce que tout le monde sait qu’il est directement impliqué dans la réalisation de cet instant de vie, tout le monde est concerné, impliqué et responsable.

Ce village est vivant, il est porté par tous, ce village est un nœud, un instant partagé.

Si la vie avait été plus dure, que l’humanité n’en était pas encore là, qu’il n’y avait pas encore eux tous ces sacrifices pour apporter toute cette connaissance, l’art de bâtir un village, de forger etc...

Il n’y aurait rien, pas de concert et la vie serait si dur, que le cœur de la jeune paysanne n’aurait sans doute pas la force de chanter.

Tout cela n’est possible que parce qu’il y a : L’esprit puissant de l’humanité qui veut s’élever et grandir.

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